Jeudi 15 octobre, j'ai animé une présentation devant les membres de Place des Entrepreneurs, notre groupe d'affaires à Bayeux. Son titre : « Trouver son chemin dans la jungle du web ». Je n'y ai presque pas parlé d'outils. J'ai parlé de ce qui empêche beaucoup d'entreprises d'avancer.

Depuis 2010, à force d'accompagner des artisans, des commerçants, des associations et des communes, j'ai fini par remarquer une chose : ce sont toujours les mêmes phrases qui reviennent. Elles sont sincères, souvent raisonnables. Et pourtant, elles font de la communication le parent pauvre de beaucoup de TPE, dans le Bessin comme ailleurs.

Sept phrases que j'entends depuis 2010

Pendant la présentation, je les ai simplement lues à voix haute, en laissant chacun s'y reconnaître. Je vous les livre ici avec la réponse que je fais à chaque fois.

Pierre Leroy, webmaster Iterrenet, présente « Trouver son chemin dans la jungle du web » à Place des Entrepreneurs, à Bayeux.

« C'est trop cher. »

C'est la première, et de loin. Pourtant, il existe une réponse pour chaque budget. Une entreprise qui démarre n'a pas besoin du même dispositif qu'une PME qui recrute, et personne ne vous oblige à tout faire d'un coup. Le vrai coût, bien souvent, c'est de ne rien faire. J'y reviens plus bas.

« Je n'ai pas le temps. »

Je le comprends parfaitement. Quand on est seul sur un chantier ou derrière un comptoir, écrire une actualité passe après tout le reste. C'est pour ça que je rédige les textes de mes clients et que j'intègre moi-même leurs actualités. Vous m'envoyez l'information et une photo prise au téléphone, je m'occupe du reste. La régularité, c'est mon travail, pas le vôtre.

« Je ne sais pas quoi faire. »

C'est normal : ce n'est pas votre métier. C'est le mien. Mon rôle n'est pas de vous vendre le plus d'outils possible, mais de vous orienter vers ceux qui servent votre activité, et seulement ceux-là. C'est tout l'objet du diagnostic de votre présence digitale.

« Ça marche quand même. »

Peut-être. Mais vous ne voyez que les clients qui vous appellent. Ceux qui vous ont cherché, qui n'ont pas été rassurés et qui sont partis chez un concurrent ne vous préviennent jamais.

« J'ai déjà un site. »

Tant mieux. Mais un site qu'on ne touche plus se dégrade : les informations vieillissent, la technique prend du retard, et Google finit par l'oublier. J'en parlais dans un article un peu direct : Ton site internet ne sert à rien (ou presque).

« J'utilise Facebook. »

Facebook est utile, je l'anime d'ailleurs pour plusieurs clients. Mais la page appartient à Meta, sa portée dépend d'un algorithme que vous ne maîtrisez pas, et elle ne vous fait pas apparaître quand quelqu'un tape votre métier et votre ville dans Google. J'ai détaillé ce point avec l'exemple d'un bar à concerts : Votre bar tourne sur Facebook. Et après ?

« L'IA peut me faire mon site. »

C'est la petite nouvelle. Et c'est vrai, une intelligence artificielle produit une page en quelques minutes. Mais ensuite ? Personne ne met le site à jour, personne ne le sauvegarde, personne ne le sécurise, personne n'y publie vos actualités. L'IA crée vite. Elle n'entretient rien.

Votre client vient toujours vérifier

Bouche-à-oreille, carte de visite, recommandation d'un confrère : peu importe comment un client vous découvre, il vient presque toujours vérifier en ligne qui vous êtes avant de vous contacter. Il se rassure, il compare. Ce qu'il trouve, ou ne trouve pas, décide de la suite.

Le silence a donc un coût, même s'il ne figure sur aucune facture :

  • le client doute et part chez un concurrent, sans jamais vous le dire ;
  • des horaires ou une adresse obsolètes laissent croire que l'entreprise a fermé ;
  • un concurrent plus actif prend votre place dans les résultats de Google ;
  • un site daté renvoie l'image d'une entreprise datée ;
  • un site non entretenu peut être piraté, puis signalé comme dangereux par les navigateurs.

Le premier point est le plus lourd, justement parce qu'il ne se mesure pas. Quant au dernier, il n'a rien de théorique.

Grentheville : quand le site d'une commune est piraté

En août, l'ancien site de la commune de Grentheville, près de Caen, a été piraté. Il reposait sur Joomla, une base technique vieillissante. Après l'attaque, plus aucun accès : ni à l'administration, ni même à la base de données. Impossible de réparer, impossible de récupérer proprement les contenus.

Pour une mairie, ce n'est pas un détail. C'est sur son site que les habitants viennent chercher les comptes rendus du conseil municipal, les arrêtés, les actualités de la commune. La seule issue raisonnable était de repartir de zéro, avec un nouveau site sous WordPress que je reconstruis et dont j'assure désormais la mise à jour des contenus.

La leçon vaut pour toutes les entreprises du Calvados : on peut sécuriser un site, on ne peut pas le rajeunir. Passé quatre à six ans, les technologies sur lesquelles il repose sont dépassées et une refonte devient nécessaire. D'ici là, c'est l'entretien qui fait toute la différence.

Entretenir le chemin

La maintenance, c'est la ligne qu'on raye en premier quand on veut faire des économies. C'est pourtant la plus importante. Un site WordPress est un logiciel : chaque semaine, des failles sont découvertes, puis corrigées par des mises à jour. Concrètement, chaque mois :

  • je mets à jour WordPress et les extensions ;
  • je sauvegarde le site en double, sur un serveur externe et chez l'hébergeur ;
  • je renouvelle le nom de domaine, l'hébergement et le certificat HTTPS ;
  • j'intègre vos actualités et vos petites modifications.

Les appels que je reçois ressemblent à ça : « Pouvez-vous publier notre actualité ? », « Je dois changer mes horaires », « J'ai reçu une facture pour mon nom de domaine, c'est normal ? ». Pour cette dernière, la réponse est souvent non. Les arnaques aux faux renouvellements sont fréquentes, et un client accompagné sait à qui poser la question avant de payer.

Tout le détail se trouve sur ma page consacrée à la maintenance de site internet. Et un point auquel je tiens : vous restez propriétaire de votre site. Si vous partez, je vous remets tout pour le réinstaller ailleurs.

Avancer à son rythme, en trois niveaux

On n'est pas obligé de tout faire tout de suite. Je propose d'avancer par niveaux, quand on est prêt.

Niveau 1 : poser les fondations

Je commence toujours par un état des lieux complet : votre activité, vos outils, votre charte graphique. On fixe ensuite les objectifs, je propose une maquette, on met en ligne, et le site vit grâce à la maintenance. Chaque site internet a sa propre identité : je ne recycle pas de modèle.

Niveau 2 : gagner du terrain

On devient plus offensif : contenus publiés régulièrement, aide au référencement, e-mailing, avis clients et fiche Google, présence dans les annuaires. C'est ce qui permet d'occuper le terrain face aux concurrents de votre secteur.

Niveau 3 : mesurer et ajuster

On planifie avec un calendrier éditorial, on analyse chaque action (Google Analytics, Search Console) et on corrige le tir. C'est à ce stade que la publicité, Google Ads ou Meta Ads, prend tout son sens : on sait déjà ce qui fonctionne, on n'achète pas de la visibilité à l'aveugle.

Autour de la table, et au-delà

Jeudi, j'ai aussi montré les sites de sept membres du groupe : le Cabinet Marine Latrive, Stéphanie Fauchon, SVB Paysagiste, Normandiag, Choix Peinture, AMP Climatique et Conseil by M. Puis ceux d'autres clients aux profils très éloignés : le lycée Alain Chartier, les Médiévales de Bayeux, Happy Poulettes, le Domaine Saint-Pierre d'Escarvaillac, l'association APEHDia ou encore Oxygen Patrimoine.

Une psychologue, un paysagiste, un lycée, un festival, un domaine viticole. Des métiers, des budgets et des besoins sans rapport les uns avec les autres, et à chaque fois une réponse différente. Vous pouvez en découvrir une partie dans mes réalisations.

Que trouvera votre prochain client ?

J'ai terminé la présentation par une question. Je vous la pose aussi : si un client potentiel vous cherche aujourd'hui sur Internet, que va-t-il trouver ?

Si la réponse vous met un peu mal à l'aise, ne restez pas sans communication par peur du prix. Que vous soyez à Bayeux, dans le Bessin, ailleurs dans le Calvados ou plus loin en Normandie, parlons-en : on trouvera ensemble le niveau qui vous correspond.

Contactez-moi pour en discuter, je réponds toujours personnellement.